Ceci est mon énième blog, mais celui-ci restera peut-être en solitaire, avec moi-même.
Sorte de journal intime, mais officialisé.
Ecrire me manque. Mettre des mots sur mon introspection me manque.
Et écrire dans un fichier Word n'a pas de sens pour moi.
Alors voilà, c'est une nouvelle expérience.
Je traverse une période difficile. Période sur laquelle j'ai besoin de mettre des mots, et besoin d'aller chercher en moi mes émotions et mes ressentis. Surtout, je serais contente de pouvoir observer une évolution, de préférence positive.
La restriction cognitive, vous connaissez ? C'est une belle sal*perie.
"les individus en restriction cognitive s’imposent des limites rigides pour réguler leurs prises alimentaires, déterminées par des règles et des croyances concernant les aliments et quantités permis ; ces comportements prennent le pas sur les mécanismes de régulation physiologiques. Quand, pour une raison variable, la limite est transgressée, l’individu perd le contrôle de son comportement alimentaire et mange jusqu’à se sentir mal. Ce ne sont pas seulement les obèses qui sont en état de restriction alimentaire, mais aussi un certain nombre de personnes de poids normal." (1)
En gros, à force de s'astreindre à une alimentation que l'on croit juste pour nous mener à une potentielle de perte de poids, on oublie que l'on est un être humain régulé. On oublie que le corps a le droit de nous réclamer à manger, et que s'il le fait, c'est qu'il en a BESOIN. Nous n'écoutons plus nos besoins, mais faisons pleinement confiance à ce que nous pensons être le bon mode alimentaire.
Le métabolisme ralentit, le corps se met "en famine", et il stocke. Il profite de la moindre calorie et en fait des réserves. Et là, c'est la chute aux enfers. Tous les kilos envolés reviennent. Alors on en remet une couche, on mange encore moins au quotidien. Puis c'est trop. Le corps craque et lance des appels à l'aide, transformés en compulsion où l'on mange, mange, mange.
J'en suis à peu près là.
J'ai 26 ans aujourd'hui, et 11 ans de ré-équilibrage alimentaire.
A 15 ans, je pesais 121 kg pour 1m77. Quelques mois plus tard, avec l'aide d'une nutritionniste, je pesais 95 kg pour 1m80. A partir de là, j'ai commencé à contrôler mon alimentaire et à banir une bonne partie d'aliments. Toutefois, mon comportement alimentaire était assez normal et je me faisais tout de même plaisir. J'ai finalement atteint les 90 kg et n'ai plus réussi à perdre. Toutefois, je me sentais toujours mal et cultivais l'espoir d'éliminer encore 10 à 15 kg ...
Les années sont passées, j'ai stabilisé mon poids. J'ai ensuite traversé une période de sédentarité, et 10 kg sont revenus. Je faisais alors environ 100 kg, et j'ai décidé d'aller consulter une nouvelle spécialiste de l'alimentation.
Une diététicienne m'a donc conseillée, avec comme crédo : "Moins tu manges, plus tu fais du sport = plus tu vas maigrir" ... J'ai alors complètement supprimé les féculents de mon alimentation (sauf le matin), me suis astreinte à un régime assez sévère qui m'a donné des ailes puisque 15 kg se sont envolés en 3 mois ! J'ai alors atteint 85 kg, et avais pris beaucoup beaucoup de muscle. Je me sentais bien ! Tellement bien. Je mettais des pantalons, des petits tops près du corps. Je n'avais plus de bourrelets, plus de gras. Des petites cuisses sympathiques et une silhouette vraiment harmonieuse.
Après ça, un coup dur dans ma vie, et tout est parti en sucette. Quelques crises où j'ingurgitais des quantités astronomiques de sucre (enfin, ça me paraissait astronomique, mais même là, les quantités n'étaient pas si importantes ...).
10 kilos sont revenus, et je n'arrive pas à m'en défaire. Je refais maintenant 95 kg pour 1m80 et je me dégoûte littéralement. M'habiller est un supplice, me regarder est un supplice.
J'ai vite réagi et ai consulté une nutrithérapeute, qui m'a expliqué les concepts de famine et de ralentissement du métabolisme. Le mot d'ordre : manger. Mais dans mon esprit, ce n'était pas possible. J'ai ensuite été victime d'une carence en fer et en diverses vitamines. Je sortais de la salle de sport épuisée, incapable de me lever de mon divan. Ca, c'était il y a un an.
Depuis un an, je chemine. Je lis, je découvre, je comprends.
Aujourd'hui, j'ai l'impression d'avoir compris. Je veux manger. Je veux perdre ce contrôle, arrêter de ne penser qu'à la bouffe H24, arrêter d'avoir peur de sortir de chez moi, peur de perdre le contrôle justement, peur de ne plus pouvoir me contrôler ...
JE VEUX VIVRE !
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